le bleu, le bleu-Andalou, le gris-perle, bleu + gris-perle, terminologie internationale, le blanc-sale
Ces coloris sont à la fois très différents et très voisins. Ce sont deux altérations du noir dont il ne faut jamais oublier qu'il reste toujours présent dans la base de la couleur. Un mauvais noir donnera toujours un mauvais bleu ou un mauvais gris-perle.
Différents ils le sont dans leur nature essentielle :l'un, le bleu, est instable et ne se perpétue pas régulièrement, donnant des sujets bleus mais aussi des blanc-sale et des noirs, il est en outre très variable en intensité; l'autre, le gris-perle, se reproduit fidèlement et reste à peu près identique d'une souche à l'autre ou d'une génération à l'autre.
Voisins ils le sont par leur expression car si les bleus (gris-ardoise) sont normalement nettement plus foncés que les gris-perle, il peut se faire qu'un bleu très clair s'approche d'un gris-perle soutenu ce qui risque de tromper l'éleveur comme le juge non averti. Cependant le "ton" d'un bleu très pâle ne sera jamais celui d'un gris perle.
En ce qui concerne leurs définitions génétiques, fondamentalement différentes puisque l'un (le bleu) est dominant et l'autre (le gris-perle) récessif, j'invite le lecteur à se reporter à l'excellent article de Jacques Hanotier paru dans la Bantam-revue N°175 en février 2000. Mais cet article ne permet pas de différencier "de visu" les sujets entre eux. C'est pourquoi il m'est apparu nécessaire de revenir sur ce sujet, avec des photos à l'appui, pour permettre aux éleveurs, et même aussi aux juges, en présence d'un sujet exposé, d'être formels dans leur identification de ces deux coloris et de repérer les éventuelles fraudes et mélanges (rares mais possibles) entre ces deux altérations du noir mais aussi leurs impuretés et imperfections.
Parlons français! Nos voisins d'outre-Manche, d'outre-Rhin et même les francophones d'outreQuiévrain n'utilisent pas toujours de la même façon que nous les termes de "bleu" (blue, blau, bleu-andalou) et de "gris-perle" (perl-grau, lavender ou lavende, self-blue, true-blue). Laissons leur la liberté de s'exprimer comme ils l'entendent (nous y reviendrons plusieurs fois en cours d'article) mais restons Français et parlons de gris-perle et de bleu sans traduire littéralement des notions mal comprises et importées de l'étranger.
N'oublions surtout pas que ces deux coloris sont des noirs dilués. Selon que la base noire sera intense ou non, les coloris dérivés seront plus ou moins accentués. Ainsi un coq Wyandotte noir possède un sous-plumage clair, parfois taché de blanc (prévu par le standard, afin d'avoir des pattes jaunes sans marbrures noires). Il est évident que la transposition en gris-perle ou bleu ne sera pas identique à celle d'une volaille dont la variété de base serait un noir intégral jusqu'à la base du duvet. Les juges doivent le savoir, y réfléchir et pouvoir l'apprécier selon la race qui leur est présentée.
Le Bleu :
Haut de page
C'est un gris-ardoise dont on souhaite qu'il possède une teinte bleutée lumineuse, ce qui n'est pas toujours le cas. Dans une même souche il n'est pas toujours identique et varie parfois d'un sujet à l'autre. On s'en rend parfaitement compte en croisant un coq noir avec des poules blanc-sale (ou l'inverse, ce qui est sans importance puisque ce coloris n'est pas lié au sexe) ce qui donne théoriquement et pratiquement 100% de descendants bleus... mais présentant souvent toute une gamme de bleus allant du clair au foncé et du lumineux au terne. On peut aussi trouver des sujets ayant quelques plumes plus foncées que d'autres sur le corps, sans
parler des plumes du camail, des lancettes et de la queue qui sont souvent d'un ton soutenu jusqu'à être parfois presque noires. On préférera toujours les sujets les plus homogènes et les "taches" de plumes plus foncées ou noires, mais aussi plus claires, sur le corps sont toujours à sanctionner. S'il ne s'agit que de deux ou trois plumes, un toilettage peut être toléré pourvu qu'il reste invisible, tout comme les quelques plumes noires d'une variété coucou ou barrée.
Même sur chacune des plumes, le ton bleu n'est pas parfaitement homogène. En général il est plus foncé sur la bordure extérieure de la plume : c'est normal. Attention, il ne s'agit cependant pas du bleu "andalou" sur lequel nous reviendrons. Cette teinte plus foncée de la bordure se devine sur la poitrine de la plupart des sujets mais est bien visible sur le camail des poules et sur toute la parure des coqs. Chez le coq, les lancettes du camail et des reins, qui sont très fournies, se recouvrent largement si bien que le centre de la plume, qui est bleu, n'est jamais visible : on ne voit que les bordures foncées ce qui donne à l'ensemble du camail un aspect bleu foncé ou noir-velouté, bien différent du camail noir-brillant d'un coq noir. Cette plus grande densité de la teinte en bordure de plume est normale chez la variété bleue et les rares races comme la Cochin, la Brahma et la Minorque, pour lesquelles le standard français demande un bleu sans trace de liseré, sont bien difficiles à obtenir.
Le rachis de la plume est également un peu plus foncé que les barbes. Le sous-plumage est normalement gris-bleu mais peut être plus clair, parfois même presque blanc comme chez les coqs Wyandottes bleus.
Le gène bleu (BI) n'a absolument aucune action sur le pigment rouge (ou brun, ou doré, etc... c'est toujours le même pigment : l'eumélanine). Cela va permettre de créer de fort jolies variétés : doré-saumoné bleu, fauve-herminé bleu, perdrix-maillé bleu (Brahma) et quelques autres. Lorsque de tels sujets sont croisés entre eux, le bleu se transmet comme chez les sujets entièrement bleus c'est à dire qu'il naît, par exemple avec le doré-saumoné, 50% de sujets doré-saumoné bleu mais aussi 25% de sujets doré-saumoné normaux (poitrine noire) et 25% de sujets doré-saumoné blanc-sale. Ces derniers sont parfois présentés comme des "pile". Erreur ! le pile est une composition de doré et de vrai blanc dominant (I) et non de blanc-sale. Un juge averti doit reconnaître le vrai blanc du blanc-sale. Quant à l'éleveur il sait ce qu'il fait, même s'il présente frauduleusement des "piles blanc-sale" en espérant rentabiliser ces sous-produits de son élevage en trompant les juges.
Une conséquence désagréable du bleu est l'apparition fortuite d'une teinte verdâtre sur les tarses des races à pattes jaunes. Chez le coq Bantam de Pékin noir, par exemple, les tarses sont tolérés noirs pourvu que la plante du pied reste jaune; sa transposition en bleu risque de donner des tarses verts par transparence et mélange des coloris du derme et de l'épiderme. Les tarses verts sont toujours un défaut, dans toutes les races, sauf celles où ceci est prévu : Javanaise, Combattant anglais black-red, etc . . . qui ne sont pas bleues!
Le Bleu-Andalou :
Haut de page
Le bleu-andalou est une complication du bleu. La présence du gène "lg" (c'est le gène qui est présent et responsable de la bordure noire des plumes chez la Sebright et les Wyandottes à liserés) crée une bordure noir intense sur le pourtour de chaque plume. Cette bordure ou liseré est noir franc et brillant. Pour que le liseré soit parfait le gène lg doit évidemment être homozygote puisqu'il est récessif. Or ce n'est pas toujours le cas et beaucoup d'Andalouses, surtout des Andalouses naines, ont un liseré noir sans éclat et même parfois peu précis. Beaucoup s'en contentent, même des juges. Cependant une Andalouse parfaite est réellement
N'oublions d'ailleurs pas que la véritable Andalouse "bleue à liseré noir" est une volaille de pure création anglaise à partir de poules bleues importées d'Espagne, largement améliorées et augmentées en taille avec de la Minorque et des poules à liseré d'origine anglaise.
Pratiquement ce magnifique coloris n'existe que chez l'Andalouse, et encore pas chez toutes les poules présentées sous le nom d'Andalouses. Pourtant, il suffit de feuilleter les pages consacrées aux races étrangères du standard français pour constater que beaucoup de races comportent une variété "bleu-andalou". C'est que la plupart de nos voisins dénomment "bleu-andalou" ce que nous nommons "bleu" et se contentent de la densité quelque peu supérieure de pigment en bordure de plume pour dire qu'il y a présence d'un liseré... Liseré, oh combien imparfait! Nous avons simplement traduit littéralement le nom de la variété telle qu'elle est dite à l'étranger. Un juge français jugeant les races étrangères ne doit donc pas se montrer trop exigeant en ce qui concerne la netteté et la densité du liseré des variétés présentées sous le nom de "bleu-andalou" sauf, bien évidemment, pour l'Andalouse.
En France, pays de la logique, mais en Angleterre également, bleu et bleu-andalou sont (et depuis bien longtemps puisque Blanchon et Delamarre en parlent déjà implicitement dans "Toutes les poules" paru en 1924) deux variétés différentes aussi bien dans leur aspect que dans leur composition génétique. Il est certainement dommage que d'autres pays européens, même francophones, n'aient pas fait la même distinction. Mais respectons leurs habitudes quand nous estimons les volailles qu'ils présentent sous ce nom de variété, même si ces races étrangères sont élevées en France par des Français.
Cependant, même si la terminologie de ces pays ne permet pas de différencier une véritable Andalouse avec liseré net et brillant d'une autre Andalouse où la bordure plus sombre fait office de liseré, j'ai pu admirer en Hollande et en Allemagne des Andalouses parfaites (en grande race seulement) où un bleu clair et lumineux était entouré d'un liseré noir éclatant, attestant incontestablement la présence du gène "lg".
Le Gris-Perle :
Haut de page
Le gris-perle est normalement beaucoup plus pâle que le bleu. Il est très homogène dans l'ensemble d'une souche et sur tout le corps de chaque volaille. Pas question de bordure plus foncée ni de camail plus soutenu. Pas question non plus, dans un pur gris-perle, de traces de fauve ou de "miel" si recherchées par les fabricants de mouches artificielles. Quant au rachis de la plume il est exactement du même coloris que les barbes et donc strictement indiscernable.
D'une souche à l'autre l'intensité du coloris varie parfois quelque peu, mais c'est très restreint. Nous sommes loin de la variabilité du bleu. Une souche pure de gris-perle se reproduit très fidèlement au fil des générations, et les différentes souches sont peu différentes entre elles, tant qu'elles sont pures.
Une toute petite touche de noir peut cependant exister : sur le camail de certains coqs et poules apparaissent de très fines zébrures noires en travers de la plume. Elles sont
Tout comme le bleu, le gris-perle peut être croisé avec le noir. Mais il est récessif. En première génération, tous les sujets sont noirs, porteurs de gris-perle mais d'une façon absolument indiscernable. En seconde génération vous ne pouvez espérer récupérer qu'au maximum 25% de sujets gris-perle.
Le gris-perle n'est pas toujours pur. Le gène qui dilue le noir en gris-perle a également une action sur le rouge (le "brun" si vous préférez, c'est toujours l'eumélanine) qu'il dilue en beige pâle, souvent dit "froment" bien que cela n'ait rien à voir avec les variétés "froment". C'est ce qui se passe lors de la transposition du mille-fleurs en porcelaine. Or beaucoup de coqs gris-perle, parfois même des poules, ont quelques traces de ce froment dans le camail et aussi sur les couvertures des ailes. C'est que le gris-perle a été établi à partir d'une souche noire où les coqs avaient quelques plumes rouges. Le défaut est donc aussi grave que la présence de plumes rouges chez un coq de variété noire, même si le contraste est moins visible. Le même défaut peut apparaître après un croisement entre gris-perle et porcelaine (croisement possible et facile mais malheureux et assez fréquent). Il doit toujours être sanctionné. Ce dernier croisement permet aussi l'apparition occasionnelle de quelques plumes blanches, ou pointées de blanc, sur un sujet gris-perle, surtout visibles sur les brassards des ailes ou sur la nuque; c'est également à sanctionner.
Des tarses verts peuvent également apparaître chez certaines souches de gris-perle. Ils sont à sanctionner comme chez les sujets bleus.
Il faut aussi savoir que le gène gris-perle se transmet habituellement avec un autre gène qui lui est lié et qui entraîne une structure plus molle du plumage. Cela ne se voit pas chez la Bantam de Pékin dont le plumage est toujours long et mou. Mais sur d'autres races à plumage plus raide cela peut entraîner des différences ou des défauts de structure du plumage. A l'extrême ce gène va amener des défauts d'emplumement, surtout visibles sur les épaules des coqs, dans quelques souches de Barbus belges, surtout des Uccle porcelaine (n'oublions pas que la variété porcelaine est constituée de mille-fleurs + gris-perle), c'est évidemment toujours à sanctionner et il vaut mieux éliminer une souche où ce défaut se perpétue. Dans une autre race : la Naine allemande en variété gris-perle (qui reste très rare), cette action sera visible dans la structure et le port de la queue.
Bleu + Gris-Perle :
Haut de page
Lors de jugements, il m'est arrivé de rencontrer des sujets que je qualifiais de "gris clair" sans que je ne puisse véritablement déterminer s'il s'agissait d'un bleu délavé ou d'un gris-perle, leur teinte ne correspondant vraiment ni à l'une ni à l'autre de ces variétés. Ils étaient inscrits soit comme bleus, soit comme gris-perle. Tout d'abord je me contentais de marquer quelque chose comme "la teinte n'est pas très franche" et attribuais un prédicat moyen.
Comme il faut toujours se montrer curieux et augmenter ses connaissances, j'ai interrogé les éleveurs que j'ai pu rencontrer qui présentaient ces sujets bizarres. La plupart élevaient les deux variétés: bleu et gris-perle, mais séparées... disaient-ils.
Vérification simple à faire : j'ai accouplé, chez moi des bleus et des gris-perle. La théorie voulait que
- tous les sujets soient porteurs de gris-perle non exprimé puisque récessif.
En pratique il est né à peu près autant de noirs que de bleus, ces derniers étant plus ou moins foncés, comme d'habitude dans la variété bleue. Rien à dire sur les plus foncés ou ceux de teinte moyenne qui montraient un bleu classique ou à peu près. Quelques uns étaient nettement plus clairs que les autres (uniquement des poules, mais je ne sais pourquoi) et présentaient une teinte qui n'était ni vraiment gris-perle, ni vraiment bleue. C'était un bleu clair très légèrement teinté de beige (mais de façon homogène), un peu de la couleur d'une tourterelle. C'était bien ce que j'avais vu en exposition. Le gris-perle, même hétérozygote, pourrait (?) donc avoir une légère action sur une teinte déjà diluée. Tous les sujets de cette teinte avaient le rachis de la plume plus foncé que les barbes ce qui n'existe jamais chez les vrais gris-perle et doit permettre de reconnaître le croisement et d'éliminer le sujet. Ce rachis plus foncé est important pour les juges car c'est une marque indiscutable d'un coloris gris-perle altéré par croisement. Tous ces sujets ont été détruits ou placés chez des personnes n'ayant aucun souci d'élevage rationnel.
Il aurait été possible de poursuivre l'expérience en seconde génération mais elle n'aurait été exploitable que sur un très grand nombre de sujets, certains étant soit homozygotes, soit hétérozygotes pour l'un ou l'autre gène ou pour l'un et l'autre, soit dépourvus des deux. Je n'avais pas la place pour le faire. Je serai heureux de recevoir des témoignages d'éleveurs ayant soit volontairement, soit fortuitement ou par accident pratiqué et poursuivi ce croisement avec beaucoup de descendants et d'en connaître les résultats.
La Terminologie Internationale :
Haut de page
Nous avons déjà vu que la plupart de nos voisins avaient une notion beaucoup plus large que nous du "bleu andalou" puisque, en général, ils nommaient "bleu andalou" ce que nous nommons simplement "bleu", pourvu que le contour de la plume soit quelque peu plus foncé que le centre.
En Allemagne les volailles bleues sont dites "blau", que la bordure plus sombre soit bien visible ou à peine discernable. Quant au gris-perle, il se dit "perlgrau". Tout paraît donc normal. Cependant le mille-fleurs se dit "porzellanfarbig" et sa transposition en porcelaine se dit "blau-porzellanfarbig" que l'on pourrait traduire par "porcelaine-bleu" alors que le gène et le coloris concernés sont bien le "gris-perle", visible et situé sur chaque plume entre le froment et la pointe blanche. Il leur faudrait donc dire "perlgrau-porzellanfarbig". Bien que je n'en connaisse pas l'existence, rien n'empêcherait de créer de véritables "blauporzellanfarbig", c'est à dire des "mille-fleurs bleu" où la bande noire sur chaque plume du mille-fleurs serait remplacée par du bleu. La variété resterait bien "mille-fleurs" puisque le gène BI n'a aucune action sur le rouge qui ne serait pas dilué.
En Belgique francophone, il a été souvent d'usage de nommer le bleu "bleu andalou" et le gris-perle "bleu". La dernière édition du standard fait bien la différence et redresse cet usage. Ainsi nous trouvons comme variétés possibles du Barbu d'Anvers : le bleu uni, le bleu andalou et le gris-perle. La terminologie belge officielle et actuelle est donc tout à fait identique à la notre.
Les Anglais différencient le "blue" de l'"Andalousian blue" selon que la bordure est bien marquée ou non. Quant au gris-perle ils le nomment "self-blue" et le définissent comme un "bleu pâle qui se reproduit fidèlement". A vrai dire, le gris-perle reste peu répandu dans tous les pays anglophones.
Les Américains utilisent le terme "blue" pour désigner le bleu et le bleu-andalou. Dans la description du coloris il est précisé que toutes les plumes sont bordées d'un ton plus foncé pouvant aller jusqu'au noir. Il n'existerait donc pas de volailles "bleu uni" et même la Cochin bleue est décrite comme les autres volailles bleues, y compris l'Andalouse. Parfois le terme "slate" (ardoise) est utilisé pour indiquer un bleu très foncé. Le gris-perle est dit "self-blue" ou "lavender", ce dernier terme ayant été utilisé internationalement pour désigner le gène responsable de ce coloris : "lav". C'est intéressant et la dénomination "lavande" aurait pu être utilisée dans tous les pays pour désigner le gris-perle; le mot est suffisamment poétique pour désigner ce joli coloris et il n'y aurait aucun risque de confusion avec d'autres variétés. Mais les volailles de cette variété unie sont très rares aux U.S.A. alors que son dérivé porcelaine (qu'ils nomment "porcelain") y est bien connu.
En Australie on différencie le bleu à liseré (blue laced) du bleu uni (blue unlaced) bien qu'une très légère bordure sombre soit quand même visible chez ces derniers sujets. Pratiquement les sujets les plus sombres, ayant automatiquement une bordure plus visible, sont dits "laced" et les clairs "unlaced". Ils ignorent la variété gris-perle mais considèrent le blanc-sale comme une variété autonome nommée "splasch" (littéralement: éclaboussé).
Le Blanc-Sale :
Haut de page
En croisant bleu avec bleu, il naît, en plus des sujets bleus, nécessairement 1/4 de sujets noirs qui sont purs et 1/4 de sujets blanc-sale qui sont également purs : c'est l'expression du bleu homozygote, donc une variété stable.
La plupart des pays anglophones reconnaissent le blanc-sale comme une variété homologuée au même titre que toutes les autres. Mais la majorité des pays d'Europe continentale la rejettent et ne la considèrent que comme un sous-produit du bleu à éliminer.
C'est peut-être dommage car cette variété, qui est donc un bleu homozygote, est parfaitement stable dans sa descendance, même si son esthétique est discutable. La difficulté reste cependant de définir la plus ou moins grande importance des taches grises sur fond blanchâtre et leur homogénéité qui varie beaucoup d'un sujet à l'autre.
Sa reconnaissance permettrait de ne pas envoyer systématiquement au rebut 25% des sujets issus d'une souche bleue.
C'est une pure suggestion d'étude et de logique car, à vrai dire, je n'ai pas d'opinion sur la question et nulle envie d'élever des sujets blanc-sale. Par ailleurs, en cas de reconnaissance, il faudrait trouver un autre nom à cette variété car nul ne voudrait se vanter d'élever des sujets "sales". Peut-être simplement transposer le terme anglais "splash", considéré alors comme onomatopée et non comme anglicisme car je ne souhaite pas enrichir notre dictionnaire en termes d'origine anglaise. On pourrait aussi dire blanc-taché (pas très heureux) ou gris-blanc ou blanc-gris.
Haut de page
Bleu et gris-perle sont des coloris très flatteurs et bien répandus. II faut veiller à ce qu'ils restent purs et beaux. Le gris-perle est plus facile à maintenir en belle qualité si on le protège des croisements dangereux. Le bleu est beaucoup plus variable; les très beaux sujets sont donc plus rares, bien que la variété soit plus anciennement connue et donc plus répandue. Les deux coloris se combinent avec le pigment brun pour donner de superbes variétés comme le porcelaine ou le doré-saumoné bleu. Ce n'est pas très original de dire que de mauvais bleus ou gris-perle sont à rejeter. Pour ces variétés comme pour toutes les autres, la perfection correspond à la beauté et il faut beaucoup travailler, comparer et sélectionner pour obtenir la vraie qualité.
Actuellement, et quelle que soit la race, surtout naine, il me semble que le bleu est quelque peu délaissé. C'est pourtant une couleur très flatteuse et comme elle est tout à fait compatible avec le noir, il serait facile d'importer l'excellent type de beaucoup de souches noires dans des élevages de bleues. Reste le problème du déchet de 25% de sujets blanc-sale. En Bantam de Pékin, le gris-perle supplante désormais le bleu. Mais il reste une variété récente et il y a moins de trente ans que j'ai été chercher les premiers neufs de gris-perle en Belgique... qui ont donné trois coqs! Heureusement, croisés avec des poules noires, ils ont permis de créer, en deux générations, quelques souches que d'autres importations sont venues renforcer. Mais ce sont là des souvenirs personnels!
Je ne voudrais pas décrier le gris-perle puisque, je viens de le dire, j'ai contribué à son importation en France, mais il est un peu dommage que le succès de cette variété ait entraîné une désaffection pour le bleu, certes un peu plus difficile, mais qui reste une variété somptueuse quand elle est belle et, tout de même, très classique et ancienne dans de nombreuses races. En Bantam de Pékin, les "bleues" sont devenues rares, c'est un peu dommage car ce coloris est tout de même plus joli que le noir, omniprésent désormais dans cette race.
Copyright © Bantam Club Français