La caractéristique essentielle du coloris caille réside dans le contraste entre un dos très foncé et une poitrine très claire. Le coloris de la poitrine est identique chez le coq et chez la poule. Si le dos de la poule paraît facilement très foncé, il n'en est pas de même pour celui du coq car si les plumes du dos sont réellement noirâtres au centre, elles sont bordées de longues franges brillantes (qui correspondent au fin liseré des poules) qui sont seules visibles car se recouvrant. Ces franges sont souhaitées d'un brun assez soutenu. Toutes les descriptions existant du coloris caille sont très complexes et imagées (je ne ferai pas mieux) car il n'y a pas de comparaison possible avec des couleurs présentes dans d'autres variétés. Et ne négligeons pas que le bon "caille", comme bien d'autres variétés, est le résultat d'un équilibre entre trop clair et trop foncé, trop rouge et trop jaune, trop noir et trop brun, etc... II a même existé, il y a à peine une trentaine d'année, un coloris "caille clair" opposé au "caille foncé" qui n'avait d'autre but que de valoriser des sous produits de la reproduction qui n'étaient qu'à éliminer.
Chez la poule le coloris des plumes du dos est "châtain foncé presque noir". Il ne doit pas être brun, il ne doit pas non plus être noir intégral. La seule définition possible est réellement "châtain foncé presque noir". Mais chaque plume n'est pas entièrement "presque noire"; elle est bordée d'un très fin liseré brun clair qui souligne son contour. Ce liseré doit être aussi fin que possible sans pour autant disparaître. Le rachis des plumes est également clair et bien visible, le brun clair ne devant pas déborder sur les barbes de la plume. En résumé et vu de près, le dos de la poule est presque noir avec de très fins liserés contournant les plumes et des rachis bien visibles; vu à deux mètres, les liserés ne sont plus discernables mais les rachis toujours visibles, de plus loin le dos paraît uniformément noirâtre.
Les couvertures des ailes sont de même couleur que le dos. Comme dans toutes les races où dos et couvertures des ailes sont identiques chez la poule (Faverolles, Malais froment) on ne peut empêcher que les couvertures ne soient légèrement plus claires que le dos. Dans le coloris caille ceci se traduit par un liseré un peu plus important sur les ailes, mais il ne doit jamais devenir envahissant.
La principale difficulté du coloris caille réside dans la couleur de la poitrine qui n'est ni fauve ni saumonée mais "nankin", terme bien difficile à décrire, proche d'un jaune d'or légèrement atténué de rose et de gris pâle, le résultat étant très clair, presque pastel ou transparent. Les Belges la comparaient à la couleur d'une carte postale, mais il s'agissait de cartes de correspondance existant entre les deux guerres. Maintenant le meilleur exemple est une peau de chamois sèche. Si vous préférez comparer au fauve, il s'agit d'un fauve très éclairci avec du jaune paille et un soupçon de rose.
La formule génétique du coloris caille n'est pas encore entièrement définie. On pourrait donc se demander si la couleur "nankin" ne serait pas due à la combinaison de plusieurs gènes dont ceux responsables du fauve et du saumon. Pour cela nous avons mené une expérience sous le contrôle de M. Hannotier, chercheur belge et de M. Coquerelle, chercheur à l'INRA. Je vous ferai grâce des détails qui ont été publiés dans la Bantam-revue et Volailles-info. Sachez simplement qu'il s'est agi de "casser" la couleur caille par croisement avec des sujets saumon-doré (l'analyse génétique du saumon-doré étant parfaitement connue), puis de recroiser entre eux les divers F1 puis F2. L'expérience a duré trois ans en faisant naître environ 300 à 400 poussins chaque année pour avoir une base statistique suffisante. Rassurez vous il n'est pas question de conserver ensuite 300 à 400 sujets : vers l'âge de 5 à 6 mois, quand le coloris est définitif, l'on ne conserve que quelques animaux dans chaque coloris, après avoir compté tous les sujets. En F2 cela faisait tout de même 16 groupes de couleurs.
Messieurs Coquerelle et Hannotier essayent de déterminer la formule complète du coloris caille en fonction du résultat de ces expériences. Je les publierai quand ils me seront communiqués.
Pour moi, et après les croisements retour, cela a permis de prouver la seule chose qui m'intéressait : que l'on avait bien trois types de coloris de poitrine :
- saumonée chez les poules correspondant à des coqs à poitrine noire
- Fauve pour des poules correspondant à des coqs à poitrine fauve
Ces trois coloris de poitrine sont nettement séparés et il n'existe pas de sujets intermédiaires avec un coloris de poitrine douteux que l'on ne saurait où classer. En particulier, les poules issues du premier croisement saumon-doré x caille (F1) n'ont la poitrine ni saumon ni nankin ni intermédiaire entre les deux mais fauve.
Comme nous avons parlé plus haut des différents coloris "perdrix", il faut remarquer que dans ces croisements caille x saumon-doré il n'est pas question de poules dont le coloris de poitrine serait identique à celui du dos, comme c'est le cas dans la variété perdrix. La variété perdrix n'entre absolument pas dans la composition du coloris caille.
Mais, dans les étapes intermédiaires, et avant de réussir à récupérer le vrai coloris nankin, il est né en abondance, et très facilement, des sujets de coloris caille pour le dos mais avec une poitrine fauve, comme ceux que l'on trouve en Allemagne. Il est donc bien évident que les sujets "caille" à poitrine fauve sont issus de croisements intempestifs, peut-être très lointains, et que l'on conserve cette poitrine fautive par facilité même si elle ne correspond pas à celle qui doit être exigée dans le vrai coloris caille. Un sujet caille à poitrine fauve est donc un bâtard pour sa variété et doit être sanctionné en conséquence. Le coloris "nankin" est donc très probablement récessif et cède place au fauve dès qu'il est hétérozygote (impur). Chez les sujets trop foncés le coloris de poitrine n'évolue pas vers le fauve mais reste nankin charbonné ou barbouillé de noirâtre.
Ce n'est pas la seule difficulté du coloris caille. Tout d'abord le coloris nankin de la poitrine est souhaité uniforme et non pas floconneux ou nuageux. Ensuite, sur les sujets dont les couvertures des ailes sont bien colorées, il arrive que quelques plumes noires envahissent les côtés de la poitrine. Enfin le fait de demander un liseré des plumes des poules aussi fin que possible fait qu'il disparaît parfois. . . ou qu'il est désespérément trop large.
Chez le coq on recherchera un camail très foncé : noir velouté, légèrement plus brun vers la tête, les plumes du haut du camail étant nervurées et liserées de brun. Les plumes du dos sont noires mais frangées de brun brillant plus ou moins foncé et seules ces franges se recouvrant sont visibles. On recherche pour les franges une couleur brune un peu rougeâtre et surtout pas orange ou fauve. Si ces franges sont trop claires le sujet doit être sanctionné. Il est important de vérifier la bonne couleur noire du centre de la plume: si elle est insuffisante le coq engendrera des poules au dos trop clair avec des liserés envahissants. Les plumes de couverture des ailes sont d'un brun soutenu, assez largement bordées (il s'agit bien d'une bordure assez peu précise et non d'un liseré) de brun clair.
Le double brassard noir brillant barrant l'aile du coq, très visible sur les dessins du célèbre peintre avicole belge R. Delin, est peut être l'idéal à obtenir mais me semble utopique. J'ai vu de beaux sujets avec des marques noires à l'extrémité des grandes couvertures alaires mais jamais un double brassard parfait. Ce double brassard est mentionné au standard avec la mention "si possible" et son absence n'a pas à être sanctionnée.
Pour les deux sexes, la barbe et les favoris sont de la couleur de la poitrine. A travers les plumes de la barbe et des favoris, l'on peut discerner le coloris gris du sous-plumage, ce n'est pas un défaut, mais ces plumes ne doivent jamais être marquées de noir.
Chez les races huppées, en particulier le Barbu de Watermaël, la huppe est comme le haut du camail plumes foncées liserées de brun clair.
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